Pourquoi le glissement en marchant survient et comment l’éviter

Chez les adultes de plus de 65 ans, une personne sur trois tombe au moins une fois par an, selon les données de Santé publique France. Pourtant, la plupart des chutes pourraient être évitées, car elles découlent rarement d’un simple manque d’attention.Les causes dépassent largement la question des chaussures ou des sols glissants. Facteurs médicaux, traitements, environnement domestique ou encore habitudes de vie forment un ensemble complexe qui bouleverse l’équilibre des seniors. Les solutions existent, mais restent encore sous-utilisées ou méconnues du grand public.

Comprendre le glissement fréquent en marchant chez les seniors : un signal à ne pas négliger

Le glissement fréquent en marchant chez la personne âgée ne tombe jamais du ciel. Ce phénomène mérite toute notre attention, car derrière ce geste anodin se cachent souvent des troubles de l’équilibre ou de la marche qui s’installent insidieusement. Quand la démarche se fait incertaine, le risque de chute se rapproche, avec à la clé parfois un bouleversement du quotidien. La chute représente la première cause de décès accidentel chez les seniors et peut précipiter une perte d’indépendance qui n’était pas inévitable.

Les troubles de l’équilibre ne se résument pas à quelques faux pas isolés. Très souvent, ils s’accompagnent de troubles de la marche durables, qui finissent par impacter le quotidien de façon tangible. Pour mieux saisir leur impact, voici ce que vivent concrètement de nombreux seniors :

  • la qualité de vie qui se dégrade, rendant les sorties ou les activités plus rares
  • une perte d’autonomie qui peut s’accélérer brutalement
  • la montée de l’anxiété, cette peur de tomber qui finit par dicter les moindres mouvements
  • l’isolement qui s’installe à mesure qu’on limite ses déplacements

Lorsqu’une personne âgée commence à glisser ou à trébucher plus fréquemment, le cercle vicieux démarre : on sort moins, le corps s’affaiblit, les réflexes d’équilibre s’émoussent et la stabilité devient encore plus fragile. L’anxiété, souvent minimisée, alimente ce repli et coupe peu à peu les liens sociaux.

Devant ces alertes, il ne s’agit pas d’attendre que la situation s’aggrave. Si les glissements se répètent, il peut s’agir de troubles neurologiques, de déficiences sensorielles ou d’un syndrome de glissement. L’entourage et les professionnels de santé jouent un rôle clé pour repérer ces signaux et agir sans tarder. Comprendre ce qui se cache derrière ces troubles ouvre la voie à des solutions concrètes pour préserver l’autonomie et repousser le spectre de la chute.

Quelles sont les causes possibles derrière les troubles de la marche et de l’équilibre ?

Chez les seniors, le glissement fréquent en marchant n’est pas le fruit du hasard ou d’une maladresse passagère. Plusieurs mécanismes s’entremêlent. Les maladies neurologiques figurent souvent parmi les premières causes. La maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, certains syndromes apparentés, ou les séquelles d’AVC perturbent la coordination, la force musculaire et la perception du corps dans l’espace. Les ataxies, qu’elles touchent le cervelet ou la sensibilité profonde, rendent la marche incertaine, parfois déviée, toujours moins fluide.

Il ne faut pas oublier les troubles de l’oreille interne. Un vertige positionnel paroxystique bénin, une névrite vestibulaire ou la maladie de Ménière peuvent provoquer des pertes d’équilibre soudaines, généralement accompagnées de nausées et de troubles de l’audition. Les troubles de la vision, eux aussi fréquents après 70 ans, brouillent les repères et rendent chaque déplacement plus incertain.

Pour mieux cerner toutes les causes possibles, voici les principaux facteurs à surveiller :

  • Certains médicaments (neuroleptiques, antiépileptiques, antidépresseurs, traitements cardiaques) entraînent somnolence, troubles moteurs ou chutes de tension.
  • Faiblesse musculaire liée à la sédentarité, arthrose, arthrite ou déséquilibres métaboliques comme l’hypoglycémie ou les carences, qui fragilisent la stabilité.
  • Détresse psychique : la dépression, l’usage d’alcool ou de substances, mais aussi les maladies du système nerveux périphérique (polyneuropathie diabétique, chorée de Huntington) qui modifient la marche.

Face à cette diversité de causes, chaque situation appelle un examen attentif et une prise en charge sur-mesure. Rien n’est laissé de côté dans ce parcours, car chaque détail peut faire la différence pour retrouver un équilibre perdu.

Semelles usurees de chaussures sur surface en bois

Prévenir les chutes et retrouver confiance : solutions et accompagnements adaptés

Quand le glissement fréquent en marchant devient un signal d’alerte, il faut consulter sans tarder. Le médecin généraliste commence l’investigation, puis oriente si besoin vers le spécialiste approprié : neurologue, ORL, gériatre, en fonction des symptômes. Après un examen approfondi, parfois complété par des tests, on parvient à cibler l’origine du déséquilibre, qu’il soit d’ordre neurologique, vestibulaire, musculaire ou articulaire.

La kinésithérapie prend alors une place centrale. Sur prescription, elle s’appuie sur des exercices de proprioception, d’équilibre statique et dynamique, et de renforcement musculaire. Aujourd’hui, certains programmes de rééducation intègrent des outils innovants : plateformes d’analyse de la stabilité, exercices interactifs en réalité virtuelle, ou parcours moteurs adaptés à chaque profil. Ces accompagnements personnalisés ont un objectif clair : restaurer la confiance et éloigner la menace de la chute.

Quand les difficultés persistent, il peut être nécessaire d’utiliser un appareil d’aide à la marche comme une canne ou un déambulateur, toujours choisi avec un professionnel en tenant compte de l’autonomie et de l’environnement de vie. Parallèlement, revoir l’aménagement du domicile a un effet direct : augmenter la luminosité, retirer les objets dangereux, installer des tapis antidérapants… autant de mesures concrètes qui diminuent le risque de glisser.

Le corps ne suffit pas à lui seul : l’esprit a besoin d’être soutenu. L’angoisse de tomber, le retrait progressif, l’isolement sont à prendre en compte. Des groupes de parole, des ateliers d’équilibre, ou l’accompagnement par un psychomotricien offrent des solutions pour recréer du lien et retrouver l’assurance nécessaire au quotidien. Ces initiatives complémentaires contribuent à préserver la qualité de vie et à défendre l’autonomie des personnes âgées.

En traitant chaque aspect, physique comme psychique, il devient possible de transformer le risque en opportunité. À chaque pas retrouvé, c’est une part de liberté et de confiance qui revient, et une nouvelle page qui s’ouvre pour des jours plus sereins.